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Dans le genre "véhicules de cinoche" pour
accessoiristes peu regardants, tout a été fait.
Dans les sous-produits à bas-coût - comme
une Citroën 15 chevaux oléo de 1954 badigeonnée
FFI, comme un side-car allemand 1940 fabriqué en U.R.S.S.
en 1950, et même comme dans les films plus célèbres
comme le "taxi pour Tobrouk" sur base de Land Rover
méconnaissable - on a tout vu. Sans oublier
tous ces chars américains, M-24 Chaffee ou ces Patton
rebaptisés Wehrmacht. Même dans ce film récemment
rediffusé, "Le traitre", où dans
les années 50, on les voyait déjà entre
des raretés comme une ambulance Phänomen "Granit"
ou un semi-chenillé Büssing.
Cette fois, l'animal mutant nous vient d'Australie du sud où
un personnage pas trop regardant vend sur e-Bay ce qu'il appelle
un "command-car Chevrolet 1941", un
modèle bien connu de tous les collectionneurs avertis,
n'est-ce pas ? Bref un fantasmagorique patchwork constitué
par improvisations successives.
Vu de face, on trouve vite un petit air de G.M.C. : le capot,
les ailes, les ouies latérales, la grille du CCKW-353,
il y a même le pare-brise issu d'une cabine fermée
- mais découpée - et le tableau de bord
qui, lui, semble le seul à dater de 1941, avec son large
ensemble vitré de style civil regroupant tous les cadrans.
Première surprise: le logo Chevrolet en haut d'une grille
de G.M.C. et non de Chevy - le connaisseur ne saurait confondre.
Et puis il y a ce volant à droite ! Un détail
que jamais General Motors ne concéda, même au Commonwealth.
Avec du recul, on trouve un faux air de command-car Dodge mais
sur châssis manifestement plus long et à deux roues
motrices seulement, roues d'ailleurs à profil très
british - voile plat - façon "Commer"
ou autres. Le pare-choc - un accessoire majoritairement absent
sur les véhicules de sa Majesté - pourrait
ressembler à du Chevrolet, mais les manilles au milieu
sont "G.B. typic" alors que les crochets US
ont disparu.
Cet engin surréaliste garni d'accessoires divers dont
une Browning 0.30, et de sièges en moleskine, affiche
des pneus civils évidemment - et pas des ballons pour
le sable, non plus - et ne cache pas son côté
caméléon puisqu'il dispose en même temps
de marquages Afrika Korps et britanniques, le tout agrémenté
d'un camouflage tigré jaune et vert du plus bel effet.
L'animal, sans doute mal aimé, a passé des mois
dehors et a quelque peu souffert depuis la photo, d'où
une mise à prix de 4 000 dollars, ce qui reste quand
même cher pour un carnaval.
Jean Pierre Dardinier.
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