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"Bruno",
une gueule, une gouaille, un "homme".
La vocation de notre fédération n"est
pont de "faire dans la nécrologie",
dans la biographie - la sienne était prête
depuis longtemps - mais il fut de ces "hommes"
dont la carrière interpelle, le départ rend
quelque peu orphelin, dont l'Histoire, bien au-delà
de la possible controverse retiendra le nom, l'action, le
charisme, le verbiage, la gueule
Bigeard, atypique
en diable fut et sera de ceux-ci.
A l'instar
de sa vie, du "bonhomme", sa mort, ce vendredi
18 juin 2010 - celui du 70ème anniversaire de
la commémoration d'un fameux appel - revêt
pour le moins un certain panache, et en une "République
des valeurs", son parcours élogieux force
à minima le respect et l'admiration.
1936,
service militaire et affectation aux antipodes des djebels
et rizières qui le consacreront, sur la ligne Maginot,
prisonnier des troupes allemandes, il s'évade, rejoint
l'A.O.F., la Résistance française, un maquis
de l'Ariège. L'après-guerre venue, le "béret
rouge" rivé sur la tête, c'est comme
parachutiste des troupes coloniales qu'il rejoint l'Indochine,
y poursuit son aventure en séjours successifs, avant
d'être en 1954 parachuté sur Diên Biên
Phu, dont il sera l'un des derniers défenseurs. Prisonnier
du Viet-Minh, il est libéré à la suite
des accords de Genève de l'été 1954.

1956,
c'est paré d'une considérable notoriété,
qu'il prend le commandement du 3ème R.P.C., tenue
léopard, treillis moulant, retaillé, "casquette
Bigeard", s'ensuit l'Algérie, la "bataille
d'Alger", en 1960 le commandement du 6ème
Régiment d'Outre-mer en Centrafrique, 1964, adjoint
au général commandant la 2ème D.P.,
c'est à la tête de la 2ème division
aéroportée qu'il reçoit les deux étoiles
de général de brigade. Dakar, une troisième
étoile en 1971, adjoint deux années plus tard
du gouverneur militaire de Paris, 1975 le voit commandant
la région militaire de Bordeaux terminant ses mémoires
au titre initial "Le con glorieux", finalement
re-toqué "Une parcelle de gloire".
Avec
vingt-six citations - dont vingt-trois à titre
individuel, seize à l'ordre de l'armée
- officier réputé le plus décoré
de l'armée française..., en d'autres temps
il aurait terminé maréchal d'Empire
,
le président Valéry Giscard en fait un sous-ministre.
Eternel combattant, homme de franc-parlé, il termine
carrière comme député de la Meurthe-et-Moselle,
la "gloire" à parfois de bien curieux détours
!
Au-delà
de l'homme, controversé ou non, de ses seize ouvrages
- véritables témoignages, plaidoyers, cris
d'amour
- pour nous qui très égoïstement
"retapons" de "veilles machines",
souvenons-nous de temps à autres qu'il fut sur d'autres
sols, d'autres engagements et combats que ceux de la Libération
du notre, et qu'ainsi bon nombre d'entre-elles qui véhiculèrent
de tels hommes méritent également attention
et considération.
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