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Emanant du chef de bureau des
polices administratives au Ministère de l'Intérieur,
la lettre tant attendue est tombée le 29 juillet
2011 dans la boite d'Alain Quéméner, président
de la F.F.-M.V.C.G. La "longue marche" destinée
à clarifier un flou réglementaire concernant
les canons tractés de collection venait d'aboutir
: ces pièces d'artillerie anciennes passent de la
1er à la 2ème catégorie dans la classification
des armes et deviennent donc officiellement accessibles
aux collectionneurs, les experts du Ministère de
la Défense considérant que la quasi-totalité
des canons tractés peut être assimilée
à la notion de "poste fixe", signifiant
l'impossibilité de retirer l'arme de son support
à roues pour effectuer un tir. Nous avons voulu recueillir
la réaction d'Alain Quéméner sur ce
sujet qui lui tenait particulièrement à cur..
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A gauche, un canon tracté
antiaérien, le Bofors "40 Antiaircraft Artillery"
:
ce tube d'origine suédoise est sur cette image d'exposition
statique, installé de manière fixe sur une
plateforme US Army. L'artillerie britannique a, pour la
même pièce, développé une embase
très différente, à droite, "classique
des classiques" de l'artillerie alliée :
l'obusier US de 105 Hm2 a connu une très longue carrière
militaire internationale mais jusqu'à présent
seuls les musées pouvaient le détenir. Désormais
il pourra prendre la route derrière son véhicule
tracteur d'époque, le G.M.C. châssis court.
Jean-Pierre Dardinier : Président, votre première
impression à l'annonce de cette décision ?
Alain Quéméner : Une grande satisfaction
de voir que notre action a porté ses fruits après
de longues démarches qui commencèrent dès
mars 2006 auprès des ministères concernés,
la F.F.-M.V.C.G. étant dès le début
solidement épaulée par Claude Delagneau,
président de la F.F.V.E., fédération
dont je suis également administrateur.
J.-P. D. : la question est évidente : cela
change quoi, cette décision ?
A.Q. : le classement des canons tractés au
paragraphe 1 de la 2ème catégorie des armes
va permettre d'appliquer à ces pièces de collection
- jusqu'ici interdites - le régime d'acquisition
et de détention sans modification réglementaire.
Comme la F.F.-M.V.C.G. l'a toujours préconisé
- et ce fut un élément positif pour nos
interlocuteurs - la détention de ces canons sera
évidemment conditionnée par leur neutralisation
- arrêté
du 12 mai 2006. Une instruction ministérielle
présentant cette évolution va d'ailleurs être
adressée prochainement aux préfectures.
J.-P. D. : Une avancée importante qui ne s'est
pas faite toute seule, je pense ?
A.Q. : C'est le moins qu'on puisse dire. Depuis
mars 2006 et la fameuse L.S.I., nous n'avons cessé
de plaider ce dossier auprès du C.G.A. - Contrôle
général des armées -, et des directions
des affaires juridiques des ministères de la Défense
et de l'Intérieur. Nous avons constitué et
envoyé des dossiers techniques structurés
- le solide dossier "artillerie" du secrétaire
fédéral M.V.C.G. Serge Pivot de mai 2008 a
fait impression - et maintenu une pression déterminée
auprès de nos interlocuteurs. Et l'invitation de
représentants des ministères à notre
défilé M.V.C.G. de Bayeux en 2009 - 250
véhicules - a également joué un
rôle par la vision concrète des collectionneurs
en action et le sérieux de notre Fédération.
Puis, plus récemment, en 2010 a été
mis en place un comité de concertation sur la détention
de matériels de guerre pour lequel plusieurs fédérations
nous ont rejoint - collectionneurs, paint-ball, tir sportif,
chasseurs, fabricants de répliques d'armes, armes
anciennes etc
. Cela fut suivi par deux auditions
au Sénat en septembre et octobre 2010 par le sénateur
Cesar chargé de notre dossier. Enfin, en mars de
cette année 2011, nous avons relancé le dossier
auprès de l'Intérieur, alors que parallèlement
la F.F.V.E. accordait l'autorisation d'une attestation permettant
l'immatriculation des canons tractés - si neutralisés,
bien sûr - en tant que "remorque spécialisée".
La lettre qui vient de m'être adressée par
le chef du bureau des polices administratives marque l'aboutissement
de l'action soutenue de la F.F.-M.V.C.G. durant ces cinq
années.
J.-P. D. : A présent que les choses s'éclaircissent,
encore un peu de patience quand même ?
A.Q. : Bien sûr, il nous faut attendre quelques
semaines encore afin que les préfectures et les services
de Saint-Etienne disposent de ces éléments
nouveaux pour les mettre en uvre. Je sais gré
aux pouvoirs publics pour leur compréhension, je
remercie tous ceux qui nous ont aidé dans ces démarches.
Et puis merci aussi aux différentes
entités, non affiliées à la F.F.-M.V.C.G.,
de diffuser ces informations prouvant notre utilité
de Fédération.
J.-P. D. : une page se tourne donc ?
A.Q. : pour les canons tractés, oui. Mais
le travail n'est jamais terminé, je souhaite encore
une ouverture juridique plus élaborée pour
nos groupes de reconstitution - notamment pour l'emploi
de répliques d'armes ou d'armement neutralisé
- et aussi un allègement de la liste de certains
matériels non opérationnels pour lesquels
il nous faut encore faire des demandes d'autorisation de
détention.
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Août 2011.
Propos recueillis par Jean-Pierre
Dardinier
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