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17 mai 1940 - mai 2010.
Les 70 ans de la "bataille de Montcornet".
De beaux engins français en vedette !


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Au titre d'un oecuménisme bien vécu, il faut assumer le fait que la seconde guerre mondiale, telle que vue par la F.F. M.V.C.G. et bien d'autres, ne saurait honnêtement se confiner sur la seule Omaha-Beach au printemps et sur Bastogne l'hiver. Ce serait infiniment réducteur. Même chose d'ailleurs pour les engins roulants de nos années 30 qui durent faire face par la suite à une hégémonie "Kolossale" de matériel US.

2010 a vu fêter les 70 bougies de la "jippe", puis le même anniversaire pour l'appel d'un général presque inconnu à l'époque, lancé depuis Londres. Un général, précédemment colonel de cavalerie Charles de Gaulle qui écrivit quelques propos visionnaires - mais peu entendus - sur une guerre mécanisée, et que l'on a affublé parfois, au second degré, du titre de "vainqueur de Montcornet", une bataille méconnue gagnée par lui contre l'envahisseur avec ses chars en 1940.

Eh bien cette année 2010, Montcornet a été célébré comme il se doit, grâce à un vaillant noyau de défenseurs à la fois de la mémoire des dizaines de milliers de victimes françaises de mai-juin 40, et de la qualité du matériel français trop rare ou trop tardif. On connaît à ce sujet la patiente croisade menée par Didier Coste avec l'association France-40 et ses amis, depuis des lustres déjà. Action qui porte des fruits encourageants car du beau matériel a ainsi été préservé, restauré avec soin, puis présenté au public avec des personnels qui, au chapitre reconstitution, ont tout lieu d'être fiers de leurs tenues et n'ont de leçon à recevoir de personne.

Le 15 mai dernier, l'association "Le miroir" de Philippe Pierrejean a convié les amateurs d'engins français à Montcornet. Et ce fut un beau rassemblement dont on a parlé dans la presse spécialisée. Pas de convoi de 50 jippes arceaux en l'air comme des sèche-linge, ah non ! S'il y avait des engins en plusieurs exemplaires, ils n'en étaient pas moins rares, comme par exemple les chenillettes Renault UE qui étaient trois, dont une attelée d'un canon antichar Hotchkiss 25SA modèle 1934, plus la chenillette de ravitaillement non blindée M-8185 que l'on a vue défiler plusieurs fois avec le MVCG MidPy il y a une vingtaine d'années avec André Clara, pionnier lui aussi du "matos gaulois".

Au stationnement, une brochette exceptionnelle : la chenillette Renault non blindée,
la chenillette Lorraine, le Laffly "dragons portés", le Latil 4x4, la Peugeot 202, le Citroën U-23

La Citroën-Kégresse "P-17" à chenille souple, sœur - plus courte d'empattement-
des vedettes de la Croisière jaune, avec grande roue avant à talon et manivelle
traversant le rouleau de franchissement que l'on verra plus tard sur les blindés White.

La chenillette Renault UE avec le canon Hotchkiss, deux Peugeot "202" camouflées 1940


Nous citerons pêle-mêle, en souhaitant n'oublier personne, un catalogue exceptionnel : trois Peugeot 202 camouflées ou pas, deux Citroën traction avant camouflées - des vraies d'avant-guerre, pas d'après comme on l'a vu ailleurs avec un barbouillis hâtif FFI - deux camionnettes Citroën U-23 type armée, deux Latil 4x4 M7T1, une série de Laffly - 4x4, 6x6, l'énorme S45T - une Peugeot DK5 à petit toit, une chenillette Lorraine à deux boggies, et puis la rareté - pas encore totalement restaurée - la rarissime Lorraine 72 à six roues sur licence Tatra, avec son capot "alligator" car refroidie par air. Sans oublier la Citroën-Kégresse P-17 semi-chenillée. Et puis une escouade de motos : tricycle FN, side-car Gnome-et-Rhone AX2, René-Gillet, Herstal …

Bref, disons-le, cela ne manquait pas d'allure pour le vrai connaisseur d'engins militaires de collection, et cela ne manquait pas de mérite pour ceux qui font rouler de telles machines pour lesquelles il n'y a plus de magasins de pièces neuves. Souhaitons-leur de nouvelles vocations pour poursuivre l'ouvrage des pionniers, car comme chez leurs cousins "reconstituteurs" des troupes alpines, il ont aussi des jeunes avec de beaux uniformes. Une qualité de plus.


J.-P. Dardinier.

Photos avec l'aimable autorisation
de Denis Sempé.