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Au titre d'un oecuménisme bien vécu, il faut
assumer le fait que la seconde guerre mondiale, telle que
vue par la F.F. M.V.C.G. et bien d'autres, ne saurait honnêtement
se confiner sur la seule Omaha-Beach au printemps et sur Bastogne
l'hiver. Ce serait infiniment réducteur. Même
chose d'ailleurs pour les engins roulants de nos années
30 qui durent faire face par la suite à une hégémonie
"Kolossale" de matériel US.
2010 a vu fêter les 70 bougies de la "jippe",
puis le même anniversaire pour l'appel d'un général
presque inconnu à l'époque, lancé depuis
Londres. Un général, précédemment
colonel de cavalerie Charles de Gaulle qui écrivit
quelques propos visionnaires - mais peu entendus -
sur une guerre mécanisée, et que l'on a affublé
parfois, au second degré, du titre de "vainqueur
de Montcornet", une bataille méconnue gagnée
par lui contre l'envahisseur avec ses chars en 1940.
Eh bien cette année 2010, Montcornet a été
célébré comme il se doit, grâce
à un vaillant noyau de défenseurs à la
fois de la mémoire des dizaines de milliers de victimes
françaises de mai-juin 40, et de la qualité
du matériel français trop rare ou trop tardif.
On connaît à ce sujet la patiente croisade menée
par Didier Coste avec l'association France-40 et ses
amis, depuis des lustres déjà. Action qui porte
des fruits encourageants car du beau matériel a ainsi
été préservé, restauré
avec soin, puis présenté au public avec des
personnels qui, au chapitre reconstitution, ont tout lieu
d'être fiers de leurs tenues et n'ont de leçon
à recevoir de personne.
Le 15 mai dernier, l'association "Le miroir"
de Philippe Pierrejean a convié les amateurs d'engins
français à Montcornet. Et ce fut un beau rassemblement
dont on a parlé dans la presse spécialisée.
Pas de convoi de 50 jippes arceaux en l'air comme des
sèche-linge, ah non ! S'il y avait des engins en plusieurs
exemplaires, ils n'en étaient pas moins rares, comme
par exemple les chenillettes Renault UE qui étaient
trois, dont une attelée d'un canon antichar Hotchkiss
25SA modèle 1934, plus la chenillette de ravitaillement
non blindée M-8185 que l'on a vue défiler plusieurs
fois avec le MVCG MidPy il y a une vingtaine d'années
avec André Clara, pionnier lui aussi du "matos
gaulois".

Au stationnement, une brochette
exceptionnelle : la chenillette Renault non blindée,
la chenillette Lorraine, le Laffly "dragons portés",
le Latil 4x4, la Peugeot 202, le Citroën U-23

La Citroën-Kégresse
"P-17" à chenille souple, sur - plus
courte d'empattement-
des vedettes de la Croisière jaune, avec grande roue
avant à talon et manivelle
traversant le rouleau de franchissement que l'on verra plus
tard sur les blindés White.
La chenillette Renault UE avec
le canon Hotchkiss, deux Peugeot "202" camouflées
1940
Nous citerons pêle-mêle, en souhaitant n'oublier
personne, un catalogue exceptionnel : trois Peugeot 202 camouflées
ou pas, deux Citroën traction avant camouflées
- des vraies d'avant-guerre, pas d'après comme on
l'a vu ailleurs avec un barbouillis hâtif FFI -
deux camionnettes Citroën U-23 type armée, deux
Latil 4x4 M7T1, une série de Laffly - 4x4, 6x6,
l'énorme S45T - une Peugeot DK5 à petit
toit, une chenillette Lorraine à deux boggies, et puis
la rareté - pas encore totalement restaurée
- la rarissime Lorraine 72 à six roues sur licence
Tatra, avec son capot "alligator" car refroidie
par air. Sans oublier la Citroën-Kégresse P-17
semi-chenillée. Et puis une escouade de motos : tricycle
FN, side-car Gnome-et-Rhone AX2, René-Gillet, Herstal
Bref, disons-le, cela ne manquait pas d'allure pour le vrai
connaisseur d'engins militaires de collection, et cela ne
manquait pas de mérite pour ceux qui font rouler de
telles machines pour lesquelles il n'y a plus de magasins
de pièces neuves. Souhaitons-leur de nouvelles vocations
pour poursuivre l'ouvrage des pionniers, car comme chez leurs
cousins "reconstituteurs" des troupes alpines,
il ont aussi des jeunes avec de beaux uniformes. Une qualité
de plus.
J.-P. Dardinier.
Photos avec l'aimable autorisation
de Denis Sempé.
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