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Royan 2010 - "Opération Vénérable",
65 années plus tard.

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Verrou de la Gironde, les Allemands occupent Royan depuis le 23 juin 1940.

En 1944, venant de Normandie et de Provence, les armées alliées foncent vers l'Allemagne mais ne pénètrent pas dans toute la région sud-ouest, comprise entre la Loire, la côte Atlantique, les Pyrénées et la Vallée du Rhône. Le commandement allemand tente de replier ses troupes, mais laisse d'importantes garnisons dans les ports qu'Hitler ordonne de tenir.

Les divers groupements de résistance - armée secrète, F.F.I., F.T.P., maquis… - très actifs dans le sud-ouest, entravent par tous les moyens les mouvements de l'ennemi, obligent les Allemands à se concentrer vers les grands centres et libèrent les villes les unes après les autres. L'occupant se venge par des sauvages représailles, Tulle, Oradour-sur-Glane… En août, si Bordeaux est délivré, les Allemands conservent cependant des "poches" sur l'Atlantique, à Royan, Pointe de Grave, La Rochelle, Saint-Nazaire et Lorient. Avec environ 70 000 hommes, bien abrités dans les excellentes fortifications du "Mur de l'Atlantique", des installations portuaires permettant de maintenir des liaisons maritimes entre les différents pôles de résistance et aussi avec l'extérieur, ils estiment pouvoir tenir longtemps.

"Opération Vénérable."

Allemands et français souhaitent guerroyer sans être gênés par des civils, c'est pourquoi un accord du 8 octobre 1944 permet d'en évacuer 8 000, dont 4 000 de Royan. Si l'état major allié se satisfait de ce que la Résistance intérieure contienne les forces allemandes encerclées, De Gaulle, désireux d'une "victoire française en terre française", réussit à le convaincre d'attaquer Royan. Dénommée "Indépendance", une première opération prévue le 25 novembre est reportée au 25 décembre. Se qualifiant eux-mêmes, par dérision, de "Forces françaises oubliées", piaffant l'arme au pied depuis des mois, nos troupes s'estiment frustrées d'un combat ardemment désiré, d'une victoire certaine.

Au matin du 05 janvier 1945, deux vagues de bombardiers Lancaster de la Royal Air Force rayent Royan de la carte, tout le monde s'attend à une attaque terrestre, mais rien ne vient. Dans un froid sibérien la guerre de position reprend. De Gaulle n'admet toujours pas que des unités allemandes restent invaincues à nous narguer, aussi, alors que la fin de la guerre approche, hâte-t-il la décision de relancer l'offensive pour le dimanche 15 avril. Rebaptisée "Vénérable", il nomme le général Ed. de Larminat commandant le "Détachement d'armée de l'Atlantique", qui, afin que l'attaque ne soit menée que par des unités régulières et non des maquisards, "endivisionne" la résistance. Pour cette opération de prestige De Gaulle et les Alliés veulent une victoire certaine. 30 400 hommes, dont un tiers de troupes du Maghreb, 200 chars de la Division Leclerc, 250 pièces d'artillerie, deux bataillons de Génie, l'imposante escadre de la "French Naval Task Force" qui comprend entre autres le cuirassé "Lorraine", le croiseur "Duquesne", sept dragueurs de mines canadiens pour nettoyer l'estuaire, 1200 forteresses volantes et B26 maraudeurs.

15 Avril 1945 - Royan - S.H.D.

L'opération débute le 14 avril, 1150 bombardiers déversent 3 000 tonnes de bombes sur le réduit, le lendemain, après une intense préparation d'artillerie, 1350 bombardiers larguent à nouveau 4000 tonnes de bombes, les Américains déversent 725 000 litres de Napalm, nouveau liquide incendiaire expérimenté pour la première fois, la terre, le sol même flambent, Royan est un amas de pierres calcinées, de ferrailles tordues.

Royan - Rue Gambetta en ruines - S.H.D.

Après une vive défensive, au matin du 18, les Allemands se rendent et défilent en grand uniforme devant leurs vainqueurs, car le général Larminat, chevaleresque, leurs accorde les honneurs militaires. La victoire est totale. Ecrasé sous 153 550 coups de canon, 10 000 tonnes de bombes, l'ennemi compte 479 tués, 4600 prisonniers, nos troupes, 154 tués, 700 blessés, sans oublier quelques dizaines de victimes civiles. Royan libéré n'est qu'un champ de ruines.

Les 16 et 17 avril 2010, La ville de Royan, représentée par Didier Quentin, Député-Maire, organise les cérémonies commémoratives du 65ème anniversaire de la Libération de la Poche de Royan, les placent sous la présidence de monsieur Hamlaoui Mékachéra, ancien ministre, avec la participation de monsieur Dominique Bussereau, Secrétaire d'Etat aux transports et président du Conseil général de Charente-Maritime, confie au M.V.C.G. Sud Ouest, la responsabilité de l'organisation d'un camp militaire et d'une exposition statique sur l'esplanade Kérimel de Kerveno et sa plage avoisinante, de même que les défilés de véhicules militaires de collection en la ville et celles avoisinantes de Vaux, ST Georges de Didonne… Nombre d'anciens combattants ayant participé à ces combats sont présents.

Elisant cette manifestation "Sortie fédérale 2010", la Fédération Française M.V.C.G., et ses associations labellisées M.V.C.G. que sont Sud Ouest, 86, Rhône Alpes, Midy Pyrénées, 40ème B.C.V.M., Languedoc Roussilllon, Patton Army, Anjou Atlantique, Bordeaux detachment, Côte basque, Sud est, Brothers 24, Dordogne, Cote d'Azur, Miltary Dragoon, 6th Cavalry, détachent alors 80 véhicules, lourds, représentatifs de ceux de ces combats d'alors.

 

Fruit d'une longue et minutieuse préparation du M.V.C.G. Sud Ouest, d'une organisation sans faille, confirmant en cela l'adage "Lorsque l'on a la volonté l'on ne trouve que des solutions, lorsque l'on ne l'a pas, que des excuses.", un camp de toile réaliste, un réel effort quant à la qualité et les types des matériels et engins, la présence de premiers groupes de reconstitution fédéraux, la volonté de défilés logiques, cohérents, "endivisionnés", de tenues correctes, respectueuses, l'hommage à ces anciens qui pour certains s'en revenaient pour la première fois en ces lieux, une foule nombreuse, dense, attentive, émue, furent les maîtres mots, le fil rouge puis le satisfecit de cette commémoration réussie.

Egalement sur notre site Internet :

www.mvcgfrance.org/doc_et_pub/royan1945.htm

www.mvcgfrance.org/doc_et_pub/vieljeux.htm

Serge Pivot.