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Si ce n'est par réelle conviction, connaissance, mais
plus prosaïquement clientélisme, il n'en demeure
que la "Presse dite spécialisée",
mercantilisme oblige, se fait de plus en plus l'écho
de manifestations de collectionneurs et groupes de reconstitution
commémorèrant le 70ème anniversaire des
combats de la "Campagne de France", enfin
!
Que de temps aura-t-il fallu pour que l'inconscient collectif
s'en vienne à raisonnablement considérer que
lors de l'offensive de mai et juin 1940, mettant fin à
l'interminable "drôle de guerre", bien
que retraitant, l'armée française connaît
des succès, que le soldat français n'a point
failli, sensiblement 100 000 morts, 120 000 blessés,
2 000 000 de prisonniers, auquel l'on ne peut qu'ajouter 80
000 civils victimes des bombardements, d'exécutions
sommaires, de massacres
, nous le rappellent, et surtout
qu'il est grand temps d'enfin les réhabiliter ?
N'oublions point, sur deux fronts, les terribles batailles
de Hannut, de Stonne ou les chars français aux ordres
du Cne Billotte reprennent 17 fois en 4 jours le village aux
mains ennemies, de Gembloux, de Montcornet, de Voreppe, ou
l'Armée des Alpes arrête les allemands, de la
Redoute Ruinée, du Chaberton, à 3 300 m d'altitude
,
lui conférant le titre enviée : "Armée
des Alpes, armée invaincue".
Il fut un temps ou collectionner tels matériels militaires
relevait de l'anachronisme, du ringard, était décalé,
"maréchaliste"
, mais "vox
populi, vox Dei" étant, retraite, débâcle,
exode, un armistice avec l'allemand, un second avec l'italien,
Etat Français, les ¾ de la France occupés,
une "zone libre" sous autorité d'un
Gouvernement de Vichy, cartes d'alimentation, de vêtements,
de charbon, libération, américains
, et
avouons le, pour certains de nous une éducation bien
souvent partisane, une manifeste volonté d'oubli, uvrèrent
en ce sens, l'engouement, l'aveuglement que nous connaissons
par ailleurs pour le "Kaki d'outre atlantique"
drapé de l'aura des libérateurs, et la
quasi volontaire méconnaissance de cette partie de
notre histoire ne font qu'ajouter à cela.
Si un microcosme de psychopathes s'y attacha, remercions-les,
c'est bien ainsi, que ceci continu, prenne ampleur, matériels
et engins furent bien souvent aboutis, techniquement en avance
sur ceux de nos adversaires d'alors et beaucoup des protagonistes
s'en inspirèrent, l'un d'eux, le matériel antichar
français puissant, étudié pour l'artillerie,
adopté en 1937, que fut le 47 APX modèle
1937, une pièce d'exception capable de percer
tous les blindages des chars ennemis du théâtre
d'opérations d'alors.
Collectionneur d'accessoires et pièces d'artillerie,
membre également depuis quelques lustres de l'association
"Tempête sur les Alpes", viscéralement
alpin, fervent de son histoire militaire, me trottait en l'esprit
le projet de reconstituer autour de cette pièce une
équipe répondant tant que faire se peut à
nos communes inclinations. En ce début juillet, l'occasion
nous fut offerte dans le cadre d'une part de la "Fête
du fort du Télégraphe",
ouvrage d'artillerie du système Seré de Rivières,
alors dédié à la surveillance de la vallée
de la Maurienne et au contrôle de la route du col du
Galibier, puis d'autre part de ce 70ème anniversaire.

"47 et alpin", la cause est vite
entendue, en 1938, une batterie antichar divisionnaire - la
10ème B.D.A.C. - est crée au "93 R.A.M."
Régiment d'Artillerie de Montagne de Grenoble,
aujourd'hui "Régiment de l'Isère".
Si la batterie doit être équipée de 47
- matériels non encore sortis d'usine - tractés
par des chenillettes, par défaut elle l'est de canons
de 75 Mle 1897 tirés par des chevaux.
A la mobilisation, ainsi équipée, installant
ses 75/97 sur des plate-formes Arbel, la 10ème batterie
reçoit mission de défendre Grenoble contre les
attaques aériennes, et il lui faut attendre début
octobre 1939, reversant alors ces "75/97", pour
percevoir les pièces de 47, mais toujours sans les
chenillettes !
Dirigée le 22 octobre vers Montmédy, en janvier
1940 elle est affectée comme B.D.A.C. à la 7ème
D.I. Coloniale stationnée en première ligne
le long de la frontière sarroise, division qu'elle
suivra durant la campagne de France, réussissant à
se replier jusqu'au Nord de Périgueux.

A gauche, le chef de pièce,
à genoux le pointeur-tireur, à droite, l'auxiliaire
visse la fausse ogive
sur la coiffe, nettoie le projectile, graisse le bourrelet,
les ceintures
, le pourvoyeur passe les cartouches au
chargeur qui les introduit dans l'âme.

Placé à la gauche
du pointeur, le chef de pièce.
En rabattant le levier vers l'avant le pointeur s'apprête
à la mise à feu.

"Tarte des alpins",
casques "Artillerie" sur les flèches, Berthier
92 M 16 en faisceau,
pièce "en batterie"
, l'équipe
de pièce.

Le pointeur-tireur.
Canon "en batterie",
flèches ouvertes, masse oscillante déverrouillée,
bêches de crosse installées
, l'équipe
de pièce en action.
Serge Pivot.
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