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Pour être insolite, cet engin l'est : ce command-car étiré
est en effet construit sur un châssis 6x6 daté de
1942, mais arrivé en Europe après la guerre. Comment
le camion de base est-il devenu cet engin étonnant ? Pour
l'instant, même l'actuel détenteur, M. Alain Godart,
est perplexe : il l'a trouvé endormi à l'abri dans
un garage de l'Aisne où un Dodge 4x4 faisait office actif
de dépanneuse, comme tant d'autres.
Est-ce un de ces brouillons des ingénieurs d'Aberdeen,
classé sans suite à la fin de la guerre ? Est-ce
un montage effectué en France à l'époque
OTAN pour faire un gros véhicule de parade de 5,60 mètres
de long ? La recherche est lancée, mais ne sera pas simple
dans la mesure où cette transformation est vraiment unique.
On notera cependant qu'elle a été fort bien faite, cette extension,
avec des pièces Dodge essentiellement - notamment une seconde
partie arrière - mais un certain nombre de points sont à remarquer
et le fait qu'il dispose de deux antennes sans poste de radio
relève des enluminures de finition, les embases elles-mêmes n'ayant
pas l'allure typique et oblique de celles des command-cars.
Le coffre à batteries -12 volts - très caractéristique
du C-Car, sur le marchepied droit - situé au plus près des
radios d'origine - n'existe plus, un porte-bidon est à sa
place, et la batterie est repartie sous le capot.
Il y a des différences quant à la porte du coffre arrière : légèrement
plus grande, avec des poignées disposées différemment.
Absence des targettes rotatives servant à verrouiller les portes
de toile et de supports-charnières de ces portes.
L'arceau de capote intermédiaire bascule sur des chapes de jeep.
Le cadre de pare-brise est différent, avec sa partie supérieure
qui n'est plus en tube avec deux ergots, mais comporte en fixe
la bordure cintrée positionnée habituellement au bout des compas
de capote.
Les deux grilles de phares sont du premier modèle symétrique,
mais un petit arceau semi-circulaire a été greffé sur la grille
gauche pour protéger le "BO drive", comme sur les Chevrolet
première série appelés ensuite sur le front.

Bref, c'est original, curieux, surprenant -même avec
le diesel Perkins que M. Godart a préféré
installer. Une dernière question technique à
ceux qui savent : le reporter de "Passion 4x4" qui doit
s'y connaître, indique que le camion - car c'en est un,
même si M. Godart a installé une plaque avec 4 étoiles
et peint un marquage HQ-3 - peut fonctionner en deux, quatre
ou six roues motrices. Quatre ou six, on connaît, mais deux,
ça se passe comment ? En revanche, il ne précise
pas s'il y a toujours le réducteur ?
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